Démocratie, médias et information : vous avez dit éducation ?

Les fausses nouvelles -infox- se multiplient. L’information, sa diffusion et sa circulation ne cessent d’interroger, rendant nécessaire l’éducation aux médias et à l’information (EMI).

Un enjeu de citoyenneté et de démocratie à trois niveaux

Internet et les réseaux sociaux numériques ont accéléré les mutations récentes des médias. De même aujourd’hui, à côté des professionnels, nous sommes tous récepteurs, porteurs, émetteurs potentiels et diffuseurs d’information. Une responsabilité à prendre au sérieux !

La crédibilité de la radio, de la presse et de la télévision est en baisse. Celle d’internet médiocre et une faible confiance dans les réseaux sociaux numériques en matière d’information. Tels sont les constats de l’édition 2019 du baromètre sur la confiance des Français envers les médias.

Or, avec le développement des supports numériques, la rumeur et le complotisme s’amplifient, les informations mensongères (infox) inquiètent. Côté image, après les photos retouchées et les vidéos tronquées, les vidéos truquées (deepfake) complètent la panoplie de la manipulation. De quoi nous faire douter, alors que les effets de la désinformation sont en fait limités…

Trois défis pour une éducation aux médias et à l’information efficiente et adaptée à tous les âges

En conséquence, il importe d’élargir l’éducation aux médias et à l’information à l’ensemble de la population, à tous les âges, dans tous les territoires, et de mieux coordonner les actions menées. A titre d’exemple, la semaine de la presse et des médias dans l’école pourrait évoluer vers une semaine des médias et de l’information pour tous.

Incontournable, la question de la sensibilisation et de la formation concerne tous les acteurs du champ de l’EMI : journalistes, enseignants, parents, éducateurs, etc… Une formation qui nécessite d’être mieux formalisée, adaptée aux publics formés et clairement identifiée.

Sans évaluation de ses effets ou du nombre de bénéficiaires, et sans appui sur des travaux de recherche, l’EMI peinera à trouver sa place dans les politiques publiques.

Une condition sine qua non : le financement

C’est pourquoi, relever ces trois défis nécessite de mobiliser des financements. Instituer un fonds dédié, abondé par une partie des recettes de la « taxe GAFA » serait une des solutions.

Les médias, en servant la liberté d’expression et de conscience, et la responsabilité personnelle de chacun, par l’éducation et une formation à un regard critique face aux informations, participeront d’une citoyenneté éclairée et d’une démocratie vive !

Retrouvez la vidéo , la séance et l’avis « Les défis de l’éducation aux médias et à l’information » rapporté par Marie-Pierre Gariel @gariel_mpierre au nom de la section de l’Education, de la culture et de la communication du CESE adopté le 11/12/2019 par le CESE

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