Simone Veil : Une femme libre et déterminée

C’est avec une immense tristesse que j’ai appris vendredi le décès de Simone Veil.

Rescapée des camps nazis d’Auschwitz-Birkenau, elle survécut à de longs mois de déportation avec force et courage, et n’aura de cesse de porter la mémoire de ce génocide. Par la suite, elle disait avoir appris à ne pas s’attacher aux petites contrariétés du quotidien pour se consacrer à l’essentiel. Toute sa vie le démontre aujourd’hui.

Ces engagements furent multiples

Les Français.e.s connaissent Simone Veil pour sa détermination dans l’adoption de la loi autorisant l’interruption volontaire de grossesse, en 1974. A cette occasion, elle affronta avec dignité le mépris et la violence des propos tenus dans une assemblée nationale très majoritairement masculine, sans transiger sur ce point fondamental : l’avortement est un choix qui doit appartenir aux femmes. En écoutant la parole des femmes sur les risques qu’elles prenaient pour leur vie et leur santé, elle contribuait ainsi à mettre fin à une profonde injustice, en particulier pour les femmes les plus démunies. Or ce combat demeure d’une brûlante actualité. Aujourd’hui encore, une femme meurt toutes les 9 minutes – dans le monde – des suites d’un avortement clandestin.

Simone Veil était également une Européenne enthousiaste. Elle s’engagea pour la construction d’une Europe de paix, une Europe comme rempart à la guerre, visant à réconcilier la France et l’Allemagne. Elle devint la 1ère Présidente du parlement européen. Elle participera à la création de la 1ère Commission des droits des femmes et agira pour faire connaître et condamner les viols massifs en ex-Yougoslavie.

Nous le savons peut-être moins mais Simone Veil était également soucieuse de la protection de l’environnement, notamment dans le cadre de sa nomination en tant que Présidente du Comité français pour l’Année européenne de l’environnement en mai 1987. Elle a permis à de nombreux projets d’être labellisés pour la 1ère fois en France et d’en assurer des financements français et européens.

Deuxième femme nommée membre du Conseil constitutionnel en 1998, elle sortit de son droit de réserve pour participer à la campagne en faveur du « oui » au référendum sur le projet de traité européen, en 2005.

Aujourd’hui c’est avec émotion que je rends hommage à cette combattante infatigable pour la liberté, la dignité et l’émancipation de toutes et tous.

A la question : « Comment réagiriez-vous si l’un de vos fils vous apprenait qu’il vivait avec un homme ? », Simone répondit : « Je les invite à diner ». « La déportation – confiait-elle – m’a beaucoup fait réfléchir sur l’homosexualité. S’il y avait des relations homosexuelles au camp, tant mieux. C’était la preuve qu’il subsistait un peu d’amour, un peu d’humain. ». Cette réaction – parmi tant d’autres – illustre son humanisme.

Recherche de justice, d’équité, à travers ses combats Simone Veil a marqué et marquera des générations de femmes et d’hommes.

 

Le CESE  a rendu hommage à Simone Veil.

 

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